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Placements :assurance-vie, faut-il s’inquiéter de la baisse des taux de rendement ?

Placement préféré des Français, l’Assurance vie semble avoir de longs jours devant elle. Les statistiques du marché de l’assurance vie présentent un tableau tout à fait idyllique. Près de 135 milliards euros ont été déposés au titre de ce placement l’année dernière.

Les fonds en euros représentent un stock d’épargne qui a aujourd’hui dépassé les 1600 milliards d’euros. Ces chiffres record ne font que confirmer la confiance qu’accordent les Français à ce placement. L’assurance vie a l’avantage d’être particulièrement polyvalente: idéale pour la constitution d’un capital ou le financement d’un bien immobilier; son succès réside avant tout dans sa fiscalité avantageuse.

Le taux de rendement pourrait baisser

Une ombre vient pourtant obscurcir ce tableau. Les Français doivent s’attendre à une décroissance durable des rendements des fonds en euros. Ces derniers rencontrent une baisse constante d’année en année. De l’avis des professionnels, la descente aux enfers risque de continuer les prochaines années jusqu’à atteindre un rendement servi aux alentours de 0 %.

Pour l’épargnant lambda, tout ceci peut paraître un tant soit peu obscure. Quelques éclaircissements s’imposent de fait. Les assureurs investissent essentiellement l’argent des souscripteurs dans des obligations. Début 2016, leurs taux affichaient un score de 0.65 %.

Difficile dans ce contexte d’imaginer un nouveau souffle pour l’assurance vie. S’il est vrai que par le passé les obligations d’Etat étaient contractées à des taux plus élevés, cet équilibre instable a toutes les chances de voler en éclats. Les craintes pour l’avenir s’avèrent donc fondées dans la mesure où les titres à fort rendement arrivent à expiration et se substituent progressivement à des obligations à des taux hautement symboliques.

Deux scénarios se profilent donc à l’horizon. Si les taux bas se maintiennent, les assureurs risqueraient de se retrouver avec des portefeuilles à des taux proches de 1 %, voire 0.5 %. Une hausse soudaine des taux serait encore plus catastrophique.

Séduits par des rendements attrayants, les assurés risqueraient de privilégier en conséquence une sortie de l’assurance vie en euros ce qui se traduirait par une liquidation au rabais des actifs en portefeuille. L’assemblée nationale a d’ailleurs récemment adopté un projet de loi, qui vise à circonscrire les possibilités de rachats par les assurés en cas de menace exceptionnelle pesant sur les marchés financiers.

Dans ce contexte, le scénario le moins cataclysmique serait le maintien des taux bas pendant quelques temps suivi d’une remontée progressive. Certains experts remettent même en cause le fonds en euros et en particulier sa garantie accordée systématiquement. Il s’agirait donc de restreindre cette garantie à moyen et long terme.

Face à un fonds en euros en déperdition, les assureurs sont amenés à changer leur fusil d’épaule et à proposer des solutions plus viables bien que plus hasardeuses notamment via la souscription en parallèle de fonds à risque (les unités de compte). Fuir n’est certainement pas la meilleure solution.

En revanche, l’épargnant doit être lucide. Afin d’échapper au Krach, l’assuré va devoir prendre du risque.