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France : Le rendement de l’assurance-vie doit encore baisser

L’assurance-vie en alerte !

C’est la panique dans le monde de l’assurance-vie française. Et pour cause. En 2015, les taux de rémunération que contractent les compagnies d’assurance-vie françaises sont réduites de 25 points en moyenne comparativement à l’année précédente.

Et selon les analyses du gouverneur de la Banque de France, cette courbe des taux de rendements en chute libre n’est pas prête à remonter d’ici peu. Au contraire, les prévisions financières présagent au regard du contexte économique d’une baisse drastique et persistante des taux pour les années à venir.

Une situation dommageable qui risque de secouer à jamais les compagnies d’assurance-vie et d’ébranler l’économie française. Inquiet, François Villeroy de Galhau a interpellé les assureurs lors de la conférence de la Fédération Française de l’assurance (FFA) et les invitent à prendre des mesures conséquentes.

Pourquoi la situation préoccupe si tant ?

Si la situation actuelle des taux de rendement très bas des assurances-vie préoccupe les autorités financières françaises au plus haut niveau, c’est parce que l’assurance-vie occupe une place prépondérante sur le marché financier français aujourd’hui et toute crise qui va secouer le secteur entraînera telle une avalanche tout le monde financier et économique français dans le gouffre.

En réalité, les compagnies d’assurance-vie demeurent de très loin les principales sociétés de placement d’argent française avec un dépôt avoisinant 1600 milliards d’euros. Un pactole non négligeable dont la fonte provoquera un déluge financier.
Cette avancée considérable de l’assurance-vie s’explique par des mesures de fiscalité particulières et très avantageuses dont le secteur bénéficie sans oublier la chute des rendements du livret A qui lui a été très favorable. Conséquence directe de ces mesures d’accompagnement, l’assurance-vie engrange près de 2 milliards d’euros par mois.

Il y a alors de quoi s’inquiéter.
Certes, ce n’est pas encore l’hécatombe chez les compagnies d’assurance-vie. Mais, si elles tiennent encore, c’est parce qu’elles puisent dans leurs anciens emprunts en stock pour faire face à l’inflation et verser des rendements totalement en dessus des exigences du marché actuel.

Quelles conséquences peuvent engendrer cette situation ?

Même si les sociétés d’assurance-vie arrivent à faire face à l’inflation grâce à leur stock, il faut noter que les nouvelles parts qu’elles achètent pour placer leur argent ne leur rapportent rien. Cette perte se creusera davantage avec la baisse des rendements qui risque de chuter davantage.

La preuve, les taux d’intérêt qui étaient en moyenne à 2,8% en 2014 ont baissé à 2,5% en 2015. Et si rien n’est fait, les assureurs ne pourront pas faire d’autres placements qui permettront à l’Etat de booster l’économie. Pire, les assureurs risquent de fermer les portes. Parce que tant que les taux de rendement seront bas, ils ne pourront plus attirer assez d’épargnants.

Que conseillent les autorités financières ?

Pour redresser la courbe, l’état a recommandé aux assureurs « de faire preuve de modération et de réalisme dans la fixation des taux de rendement de leurs contrats d’assurance-vie en euros servis au titre de l’année 2016. »

L’État se montre plus contrayant dans la loi Sapin II dans laquelle il donne le plein droit au Haut conseil de stabilité financière (HCSF) de « suspendre, retarder ou limiter temporairement, pour tout ou en partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrages ou le versement d’avances sur contrat. »

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